Greffe de rein par voie vaginale : première mondiale à Toulouse 19 08 2015

Greffe de rein par voie vaginale : première mondiale à Toulouse

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Pour la première fois au monde le prélèvement et la transplantation ont été réalisés avec robot dans une même séquence./Photo CHU Toulouse

Pour la première fois au monde le prélèvement et la transplantation ont été réalisés avec robot dans une même séquence./Photo CHU Toulouse

Une greffe de rein par voie vaginale, entièrement assistée par robot, vient d’être réalisée au CHU de Toulouse. Une première mondiale qui a bénéficié à deux sœurs.

 

Juste cinq petites cicatrices de 8 mm, nécessaires au passage des bras du robot et une sortie rapide de l’hôpital sans douleur. Béatrice Perez, receveuse, et Valérie Perez, donneuse, ont bénéficié de la première transplantation rénale par voie vaginale entièrement robot-assistée avec donneur vivant. La séquence, unique au monde, a été réalisée le 9 juillet dernier à l’hôpital Rangueil de Toulouse par les docteurs Nicolas Doumerc et Federico Sallusto (1). Le 13 mai 2015, la même équipe avait déjà réussi une première greffe rénale avec introduction du rein par voie vaginale par voie coelioscopique robot-assistée exclusive (2).

«Notre objectif est toujours de limiter le nombre d’incisions et d’améliorer les suites post-opératoires. Nicolas Doumerc avait l’expérience du travail avec robot (500 interventions depuis 2010 sur prostate, vessie et rein), moi celle des greffes (600 transplantations de reins depuis 2005). Nous avons tout mis en commun», explique Federico Sallusto.

Cette aventure, les deux chirurgiens y pensaient depuis plus de six mois. Ils ont d’abord étudié les publications des confrères français sur l’utilisation du robot pour des greffes rénales (Créteil en 2001, Tours en 2013), américains (Chicago 2010) ainsi que des vidéos d’intervention réalisées en Inde (mars 2015). Seulement 140 patients dans le monde ont bénéficié d’une transplantation rénale à l’aide d’un robot chirurgical, et 8 femmes ont reçu le greffon par voie vaginale.

«Nous nous sommes aussi appuyés sur des études gynécologiques qui montraient qu’une incision dans le vagin ne provoquait pas plus d’infections ou de complications de la vie sexuelle », complète le docteur Nicolas Doumerc.

«Nous sommes prêts à recommencer et même à lancer un programme à destination des patients obèses pour qui l’incision classique est compliquée », lance Federico Sallusto. «Nous avons le goût du challenge, mais nous savons où nous allons. Il n’y a pas de place pour l’improvisation. Le robot n’est pas un joujou dont on prend les manettes. Quand on pratique une greffe avec donneur vivant, on a encore moins le droit à l’erreur. S’il y avait eu le moindre souci, nous serions passés à l’incision classique pour ne pas compromettre la greffe», complète le chirurgien.

Parmi les petits détails qui ont certainement garanti la réussite des interventions, l’idée de mettre le greffon dans un sac plastique entouré de gel pour le faire glisser, ou encore l’irrigation froide avec utilisation d’une sonde thermique pour que le greffon soit à bonne température au moment de la transplantation.

(1) Interventions réalisées grâce à la présence des chirurgiens assistants Jean-Baptiste Beauval et Mathieu Roumiguié, CHU Toulouse

(2) Publication dans le journal European Urology de l’association européenne d’urologie. La publication de la séquence du 9 juillet vient d’être soumise à l’American Journal of Transplantation

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