Il est parfois bon de se remémorer des dossiers 2003 – 2005

2003 – Rapport de la Défenseure des Droits des Enfants remis à Monsieur Jacques CHIRAC, Président de la République Française

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L’école, outil de la liberté

Comme chaque année depuis trois ans, le rapport que je remets le 20 novembre au

Président de la République dresse un bilan de l’activité de l’Institution du Défenseur des

Enfants.

L’observation des dossiers individuels dont nous sommes saisis plus que jamais,

se révèle lourde d’enseignements sur les plaintes que les enfants et leurs parents

expriment à l’égard de notre société. L’effectif de ceux qui s’adressent à nous continue

de s’accroître, en moyenne de 15% chaque année, ce qui est à la fois signe de

reconnaissance pour notre Institution, mais moins bon signe sur le respect dû aux droits

des enfants.

La première raison pour laquelle nous sommes saisis demeure la question douloureuse

du règlement des séparations et divorces. Il n’entre pas dans nos missions de remettre

en cause des décisions de justice. Force est pourtant de constater que celles-ci ne sont

parfois contestées que faute d’être comprises.

Deux profondes modifications sont intervenues cette année dans le type

de réclamations. Elles portent de plus en plus souvent sur la situation de groupes d’enfants.

De telles réclamations concernant des collectivités d’enfants ont triplé en un an.

Autre modification tout aussi saisissante : les saisines portant sur les relations des

enfants avec l’école ont littéralement explosé, passant de la sixième à la deuxième place

des motifs de réclamations. Déscolarisations brutales d’enfants réputés difficiles, défaut

de scolarisation d’enfants handicapés et même mauvais traitements physiques et

psychologiques émanant d’enseignants, autant de situations qui nous ont paru d’un

autre âge et que nous avons traitées en étroite liaison avec l’Education nationale.

Ce rapport analyse aussi l’un des droits fondamentaux, celui du droit à l’Education,

qui est ressenti par la société, à juste titre, comme un droit primordial. Non pas seulement

celui d’être scolarisé mais aussi celui de bénéficier d’une école qui contribue, comme le

précise la Convention internationale sur les droits de l’enfant, à l’épanouissement de

l’enfant. Nous avons cherché, à travers plusieurs thèmes, à répondre à une question

centrale : l’école répond-elle aux exigences de développement de l’enfant ? C’est-à-dire,

son droit à être respecté non seulement comme être en devenir mais aussi comme

personne, à tous les stades de son évolution. Discipline dans l’institution scolaire,

formation des enseignants, accueil du tout-petit, scolarisation des enfants handicapés,

devenir de ceux qui  » décrochent  » du système, tels ont été les principaux axes de notre

réflexion.

Aussi étrange que cela puisse paraître, l’école hésite parfois à employer le mot

enfant, et même y renonce souvent, lui préférant le terme d’élève. Ce débat est révélateur

d’une question fondamentale : comment l’enfant doit-il être considéré par l’école ?

D’abord comme, justement, un enfant, puis un adolescent que la société doit aborder

et respecter à travers toutes les facettes de sa personnalité ? Ou bien comme un être

coupé de la réalité extérieure, qui se borne à recevoir des connaissances ?

Pour nous cette question est tranchée : les élèves sont aussi des enfants et des

adolescents. Il semble bien étrange qu’une telle évidence doive être réaffirmée.

 

Claire Brisset

Défenseure des Enfants

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Le Défenseur des Enfants, une institution de l’Etat

LInstitution du Défenseur des Enfants défend et promeut les droits de l’enfant

tels qu’ils ont été définis par les lois françaises et par la Convention internationale

sur les droits de l’enfant ratifiée par la France en 1990. Le Parlement français a voté,

le 6 mars 2000, une loi instituant un Défenseur des Enfants, complétée par l’article

13 de la loi du 22 janvier 2002.      C’est une autorité de l’Etat, indépendante.

Selon les termes de la loi, le Défenseur des Enfants est indépendant à l’égard du

gouvernement, des administrations et des institutions publiques ou privées.

Cette Institution est investie de quatre principales missions :

- recevoir des requêtes individuelles des mineurs ou de leurs représentants

légaux à propos de situations qui n’ont pu être résolues de manière satisfaisante

par les structures dont dispose la société en ce domaine ;

identifier des questions majeures et des dysfonctionnements collectifs qui font

obstacle à l’application des droits de l’enfant ;

élaborer des propositions de réformes de pratiques ou de textes législatifs

afin que ces droits soient mieux respectés ;

mettre en place des actions de formation et d’information sur ces thèmes,

en particulier, à l’occasion de la journée nationale des droits de l’enfant, le 20

novembre. A cette occasion, le Défenseur présente au Président de la

République et au Parlement un rapport annuel dans lequel il établit le bilan de

son activité et présente ses propositions de réforme. Ce rapport est publié et

consultable sur le site internet : www.defenseurdesenfants.fr

_ Comment saisir le Défenseur des Enfants

Le Défenseur des Enfants peut être saisi directement par tout jeune de moins

de 18 ans dont les droits n’auraient pas été respectés, par ses représentants

légaux ou par des associations défendant les droits de l’enfant et reconnues

d’utilité publique. Cette saisine se fait directement par courrier ou par courrier

électronique.                               Le recours est gratuit.

Le Défenseur des Enfants ne se substitue pas aux services spécialisés ou au dispositif

social et judiciaire de protection de l’enfance. Il ne peut ni intervenir dans une

affaire pour laquelle une décision judiciaire est en cours, ni contester une décision

de justice. Il ne prend pas en charge les situations d’urgence, mais peut faire des

signalements à l’autorité judiciaire dès lors qu’un enfant lui paraît en danger.

L’article 111 de la loi sur la sécurité intérieure du 18 mars 2003 permet au Défenseur

des Enfants de saisir directement la Commission de déontologie de la sécurité.

Claire Brisset a été nommée Défenseure des Enfants par le Conseil des Ministres

du 3 mai 2000 pour une durée de six ans non renouvelable. Son équipe rassemble

notamment des professionnels du droit, de l’action sociale, de l’éducation et de

l’information.

_ Les correspondants territoriaux

Un réseau de correspondants territoriaux vient en appui aux services centraux de

l’Institution en Métropole et Outre-mer. Chaque correspondant est nommé pour un

an, renouvelable, par la Défenseure des Enfants. Comme l’ensemble de l’équipe, il

est soumis au secret professionnel. A la date de publication du rapport d’activité,

le réseau compte 39 correspondants territoriaux. Leur liste est consultable en

page 16 et sur le site internet www.defenseurdesenfants.fr

Le correspondant, dans le traitement des dossiers individuels, doit faciliter le

contact entre le mineur, sa famille, les personnes ou administrations concernées,

l’Institution et doit lui apporter un éclairage sur tous les aspects de la situation. Il

fait également connaître au Défenseur des dysfonctionnements, des difficultés

collectives ou, à l’inverse, des initiatives favorables au respect de l’enfant qu’il a pu

relever. Il participe aux actions de promotion des droits de l’enfant et d’information

sur ces droits et leur respect effectif. Les correspondants territoriaux participent

chaque année à des rencontres de travail communes à tous les membres de

l’Institution.

La Défenseure est entourée par un comité consultatif qui rassemble des personnalités

dont l’expérience et les compétences variées l’assistent dans ses réflexions. Elle a

également mis en place un comité de jeunes, 20 garçons et filles issus de tous les

horizons géographiques, sociaux et scolaires avec lesquels elle poursuit des échanges

constants sur des sujets qui les préoccupent.

La Défenseure des Enfants est en contact avec de nombreux partenaires publics

et privés, français et étrangers. Elle est membre actif du Réseau européen des ombudsmen

pour enfants (ENOC) qui regroupe une vingtaine de pays membres ou des pays

observateurs. Il a pour objectif d’améliorer le respect des droits de l’enfant en

Europe en constituant une force européenne de proposition, en soutenant des

actions individuelles et collectives et en favorisant la communication et les échanges

d’informations sur ces thèmes.

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pour les services dépendants du Ministère de l’Intérieur et les institutions liées à la

santé.

Chaque réclamation reçue par la Défenseure des Enfants est soumise à

un examen rigoureux par une équipe pluridisciplinaire de l’Institution afin de

déterminer avec précision le dysfonctionnement procédural ou administratif qui

aurait pu se produire, le droit de l’enfant qui n’aurait pas été respecté ou le danger

auquel il serait exposé.

Sur les 1200 dossiers différents traités cette année, 53% ont été clôturés dans

l’année. Pour 11% des dossiers clôturés, la situation a été dénouée par des explications

et un conseil. Dans près d’un dossier sur deux (45%), le résultat immédiat a été

favorable au mineur. Cela peut être une meilleure compréhension des processus

administratifs ou judiciaires en cause, une amélioration de la situation scolaire de

l’enfant ou de sa prise en charge spécialisée, une diminution de la violence du conflit

parental, un resserrement du lien familial, une augmentation du travail en réseau

des intervenants autour de l’enfant, une reconnaissance sociale de l’atteinte à ses

droits, ou encore la restitution de l’enfant illégalement déplacé ou victime d’une

décision aberrante.

Quatre droits de l’enfant, identiques à ceux de l’an dernier, sont particulièrement

mis en cause : le droit de bénéficier de relations avec ses parents, le droit d’être

protégé contre les mauvais traitements (physiques ou mentaux), le droit d’avoir des

parents aidés en cas de besoin et le droit de l’enfant à être entendu pour des

décisions qui le concernent.

En effet, les dossiers ne sont pas seulement l’expression d’une souffrance personnelle,

ils renvoient fréquemment à des questions collectives auxquelles la société est

confrontée.

_ Quelques cas soumis à la Défenseure des Enfants

Plusieurs éléments des cas exposés ci-dessous ont été modifiés de manière à

rendre impossible l’identification des personnes concernées

Plusieurs parents d’élèves d’une classe de CP CE1 s’adressent à la Défenseure

des Enfants en dénonçant les agissements agressifs et humiliants (claques, coups de

règle, menaces de fessées déculottées, privation de récréation, dénigrements…) de

l’institutrice. Celle-ci a expliqué aux parents que  » cela ne faisait pas de mal de

brusquer les enfants et qu’ils en verraient d’autres « . Les familles ont exprimé leurs

plaintes auprès de l’Inspecteur d’académie et de l’Inspecteur de l’Education nationale

Les dossiers individuels, étude et analyse :

Entre le 1° juillet 2002 et le 30 juin 2003, près de 800 nouvelles réclamations

individuelles ont été adressées au Défenseur des Enfants par courrier ou par courrier

électronique, 3.300 enfants ont été signalés à l’attention du Défenseur, soit pour

des situations individuelles (concernant un enfant ou une fratrie) qui ont

augmenté de 16% en un an, soit pour des réclamations concernant des groupes

d’enfants (classes, groupes scolaires, squats). Plus de 60% des enfants sont âgés de

7 à 15 ans.

La Seine Saint Denis constitue le département qui a le plus recours à

l’Institution.

Au total, 30% des dossiers viennent d’Ile de France, 9% concernent des

enfants vivant à l’étranger.

Parmi les personnes qui saisissent la Défenseure, 10% sont des enfants eux-mêmes

et 63% sont des parents (mère, père ou couple) et, pour 5% des grands-parents,

toujours plus nombreux, bien que, selon la loi, les réclamations émanant de ces

derniers ne soient pas recevables. Les associations transmettent 6% des plaintes.

Les motifs des réclamations ont largement évolué. La contestation de l’organisation

des visites et de l’hébergement dans un contexte de séparation des parents et la

demande de transfert de résidence, les conflits liés à l’exercice de l’autorité parentale

et les enlèvements transfrontaliers d’enfants par leurs parents séparés demeurent la

première des plaintes (28%). Mais le bouleversement tient à la montée des plaintes

motivées par un conflit avec l’école qui, avec 7,5%, viennent en deuxième position

regroupant trois types de dysfonctionnements : les refus de scolarisation d’enfants

handicapés, les déscolarisations brutales et longues d’enfants dits  » difficiles « , les

mauvais traitements physiques ou psychologiques de la part d’enseignants. Les

questions de santé viennent ensuite avec 6,5%. Les contestations de placement ne

représentent plus que 6% des requêtes. Les principaux autres motifs se répartissent

ainsi : les mineurs étrangers 6%, les allégations d’abus sexuels (hors contexte de

séparation) 4%, les difficultés de logement des parents 4%, les difficultés liées à

l’incarcération d’un parent ou les difficultés avec des établissements d’accueil

d’enfants en dehors de l’école 3% chacun, les problèmes d’état civil ou de risques

sectaires 1% chacun.

Dans un même dossier, il arrive que les requérants mettent en cause des personnes

ou des institutions qui sont déjà intervenues dans l’affaire.

Les reproches les plus vifs portent sur les décisions judiciaires ; de nombreux dossiers ont en effet un long parcours judiciaire. L’  » autre parent « , (le père le plus souvent), est le deuxième

sujet de critiques. Viennent ensuite les reproches adressés à l’Education nationale. Si

les critiques contre l’Aide Sociale à l’Enfance ont diminué, il n’en va pas de même

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général et informé le Conseil général du département et le service d’aide sociale

à l’enfance du département. Une décision novatrice prise en appel, définit la

compétence du juge des enfants pour le mineur en danger  » étant donné qu’il s’agit

d’un jeune étranger dont l’isolement en fait la proie potentielle de réseaux divers

et dont l’absence de famille compromet la sécurité et la moralité.  » Elle désigne

également le juge des tutelles comme compétent. Confié à l’aide sociale à l’enfance,

disposant donc d’un statut et d’une protection, Bogdan a pu déposer dans les délais

une demande d’acquisition de la nationalité française.

La mère et le beau-père de Madjidou et Halim, 13 et 10 ans saisissent la

Défenseure des Enfants. Ils contestent vivement le placement des enfants, le plus

jeune ayant été placé  » nourrisson à l’âge de quelques heures « . Le placement,

depuis dix ans, est régulièrement renouvelé par le juge des enfants. Celui-ci fait état

de l’instabilité et de la mauvaise prise en charge éducative de la mère. Durant ces dix

ans, les enfants n’ont eu des contacts avec leur mère, puis avec leur beau-père, que

lors de rencontres autorisées par le juge qui se sont le plus souvent déroulées en

présence d’un tiers. La famille est en conflit avec l’ASE à laquelle elle reproche de

fournir au juge des informations erronées sur le comportement des enfants et le sien

propre.

Le correspondant territorial du Défenseur des Enfants procède à une évaluation de

la situation en rencontrant la mère, son mari, les services sociaux. Cette écoute des

arguments de chacun et le travail d’explication mené par le correspondant

territorial ont permis d’atténuer les incompréhensions et crispations réciproques, ce

qui s’est concrétisé par une amélioration de la fréquence et des conditions de

rencontres entre les garçons et leur famille.

◗ Par courrier électronique, le père de Stéphanie, 11 ans, saisit le Défenseur

des Enfants car il s’étonne de la présence, à 21 heures, d’un bandeau publicitaire

pornographique sur la page d’accueil du portail Internet auquel est connectée sa fille.

Interrogé par le Défenseur des Enfants, le fournisseur d’accès répond que:  » cette

diffusion résulte de l’attente d’une partie de notre public pour ce type de contenus

et se traduit par des accords avec des sites pour adultes…. Les contenus ainsi que les

publicités ne sont accessibles qu’à certaines heures [la nuit, et] ne peuvent être

accessibles sans paiement préalable…  » Les annonceurs sont invités à étiqueter ces

sites  » dans la rubrique pornographique afin que les parents paramètrent leur

navigateur « . Cette réponse insuffisante traduit une inadaptation du dispositif actuel

qui repose sur le bon-vouloir des annonceurs et les compétences informatiques des

parents. Cela confirme la nécessité d’une réglementation adaptée et d’une politique

de soutien aux familles, comme le proposait le rapport remis par la Défenseure au

Garde des Sceaux en décembre 2002.

dont l’intervention auprès de l’institutrice a été sans résultat. A son tour, la

Défenseure des Enfants fait part aux autorités éducatives de son inquiétude devant

les mauvais traitements physiques et psychologiques et missionne son correspondant

territorial pour approfondir cette situation. Quelques semaines plus tard,

l’Inspecteur d’académie informe la Défenseure que l’enseignante est mise en congé

de maladie jusqu’à la fin de l’année scolaire, à la suite de quoi elle fera valoir ses

droits à la retraite. Si le dénouement est heureux pour les jeunes élèves de cette

école, cette méthode de résolution ne s’applique pourtant qu’à une partie des situations

de ce type qui, de plus en plus fréquemment, sont soumises à la Défenseure.

A la suite d’une mesure de déscolarisation décidée par l’inspection académique :

Jérôme, 12 ans, est déscolarisé depuis deux ans à cause de plusieurs  » actes agressifs

à l’école  » et depuis lors n’a pu être accueilli dans aucun établissement, bien que ses

parents aient effectué de nombreuses démarches. La mère a dû cesser son travail

pour garder son fils. Les parents, désemparés devant ce blocage, saisissent la

Défenseure des Enfants. Ils expliquent que les services de l’Education nationale

considèrent que leur fils ne relèverait plus d’une scolarité classique et proposent

d’envoyer Jérôme dans un établissement pour enfants présentant un handicap, ce

qui n’est pas le cas. Ce garçon dont le droit à l’éducation n’est pas respecté, éprouve

un fort sentiment d’exclusion.

La Défenseure des Enfants a plusieurs échanges avec les autorités académiques et

représentants des différentes commissions d’orientation afin d’appréhender la situation

de l’enfant et connaître les propositions de scolarisation qui lui ont été faites. En effet,

durant cette période, la mesure de déscolarisation a été levée par l’inspection

académique mais les structures de l’Education nationale qui pourraient prendre

Jérôme en charge se renvoient le dossier. Finalement, il peut être intégré dans une

classe de 6ème, mais celle-ci, se révélant être une classe d’alphabétisation, elle ne

répond pas aux besoins de cet élève. On parvient enfin à un projet d’intégration

individualisé signé par l’adolescent, ses parents et le chef d’établissement prévoyant

des évaluations régulières.

◗ Une association saisit la Défenseure des Enfants de la situation précaire de

Bogdan, mineur étranger isolé de 17 ans. Orphelin, ayant subi des violences

politiques dans son pays, il est arrivé en France par ses propres moyens et a été

temporairement placé dans un foyer par décision judiciaire. Sa demande d’acquisition

de la nationalité française est en panne. Le placement provisoire est terminé et la

majorité de Bogdan étant proche, il est sans statut ni protection et risque d’être

reconduit à la frontière ou de basculer dans l’illégalité. De plus, le juge des enfants

et le juge des tutelles se sont déclarés chacun incompétents en matière d’assistance

éducative. Le Parquet a d’ailleurs fait appel de la décision. La Défenseure des Enfants

a transmis les informations sur la situation de ce mineur en danger au procureur

6 7

constante du nombre de Maisons d’adolescents à travers le pays.

L’Institution du Défenseur des enfants s’est particulièrement impliquée dans

l’émergence des projets de réalisation de Maisons des adolescents. Après celle

du Havre, d’autres se sont ouvertes ou vont le faire à Bordeaux, Rennes,

Marseille, Bobigny, Paris ; des projets sont en cours à Poitiers, Besançon, Lille,

Strasbourg, Nantes, à la Réunion et dans les départements du Gard et de l’Isère.

D’autres projets s’amorcent à Montpellier, Caen, Châteauroux, Evreux, Angers,

Le Mans et dans le Val de Marne.

L’Institution a également participé à de nombreux groupes de travail sur des

thèmes variés avec différents partenaires, associatifs, privés, publics : entre

autres, les ministères de la Justice, de l’Education nationale, de la Famille, la

Commission nationale consultative des droits de l’homme, le Conseil de la

médiation familiale, le Forum des droits sur Internet.

– Durant cette année, la Défenseure des Enfants a rendu publics plusieurs avis et

préconisations. L’intégralité de ces documents est consultable sur le site

www.defenseurdesenfants.fr

A la demande du ministre de la Justice, la Défenseure des Enfants a remis en

décembre 2002 un rapport  » Les enfants face aux images et aux messages violents

diffusés par les différents supports de communication « , assorti de nombreuses

propositions. Observant la multiplicité de structures qui composent le dispositif

de protection de l’enfance, elle proposait de créer une  » instance compétente

pour l’ensemble des supports médias afin d’uniformiser les règles de contrôle et

les critères de protection des mineurs « . Un décret présenté au Conseil d’Etat

doit réformer la composition et les conditions de fonctionnement de la

Commission de classification des oeuvres cinématographiques dans le but de

mieux protéger les mineurs. D’autre part, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel

a commandité auprès de l’Inserm, une enquête portant sur l’impact négatif des

messages violents et pornographiques.

– En juin 2003, la Défenseure des Enfants a adressé aux directeurs des principaux

médias un communiqué insistant sur le respect par les médias des dispositions

juridiques de protection des mineurs en matière d’information. En effet, elle

avait été saisie à plusieurs reprises de ce que différents médias n’avaient pas

respecté les dispositions légales et avaient présenté des éléments permettant

d’identifier aisément des mineurs concernés.

La Défenseure des Enfants a rendu au Garde des Sceaux en octobre 2003 un

avis relatif au projet de réforme du divorce. De nombreux dossiers dont elle a

 

Devenir des propositions 2002 et préconisations de l’Institution :

 

Sur certains thèmes, l’évolution des travaux législatifs, réglementaires ou des

mentalités a permis d’obtenir des résultats favorables à un meilleur respect des

enfants :

- Renforcer la médecine scolaire en concentrant ses moyens sur l’enseignement

secondaire : Le contrat cadre signé le 18 juillet 2003 entre le ministère de

l’Education nationale et le ministère de la Santé met l’accent sur la prise en

compte et les soins apportés aux difficultés et aux troubles psychologiques des

enfants et des adolescents. La mise en place de dispositifs d’accueil des enfants

et des adolescents en souffrance psychique devient l’un des objectifs prioritaires

de l’année 2003-2004.

Etendre jusqu’à 18 ans l’accueil et les soins des enfants et des adolescents

dans les services de pédiatrie de tous les établissements de soins :

Plusieurs réalisations ou projets hospitaliers ont mis en place, au sein des services de

pédiatrie, un accueil spécifique pour les adolescents ; en particulier à l’hôpital

Jean Abadie à Bordeaux ou à l’Institut Gustave Roussy à Villejuif. En revanche,

la barrière des 16 ans demeure encore malheureusement en psychiatrie.

Intensifier la prise en charge de la douleur de l’enfant :

Le programme de lutte contre la douleur entrepris pour la période 2002-2005 à l’initiative du ministère

de la Santé, comprend, parmi ses priorités, la lutte contre la douleur de l’enfant.

Elaborer un nouveau droit civil des mineurs afin de permettre aux adolescents

d’accéder à une véritable  » citoyenneté juvénile « :

Les évolutions actuelles et tout particulièrement la loi du 9 septembre 2002 paraissent

malheureusement privilégier l’action pénale plutôt que l’action éducative

comme le détaille la circulaire du 13 décembre 2002 sur le traitement pénal de

la délinquance des mineurs.

Instaurer une politique nationale de l’adolescence :

Le chef de l’Etat a donné une suite favorable à cette proposition et a chargé le

gouvernement et tout particulièrement Monsieur Christian Jacob, ministre délégué

à la Famille, de la mettre en oeuvre. Une première rencontre sur ce thème de

l’adolescence s’est donc tenue le 18 octobre 2003 à Paris, notamment afin de

préparer la Conférence de la famille 2004 qui devrait être centrée sur la question

de l’adolescence. On peut voir là l’ébauche de la politique de l’adolescence qui

est à construire dans notre pays ainsi qu’en témoigne également l’augmentation

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de ces enfants : crèches, jardins d’enfants, classes-passerelles, assistantes maternelles

etc … de sorte que les parents puissent concilier activité professionnelle et vie familiale.

Des expériences déjà menées en ce sens démontrent que c’est possible. Nous sommes,

pour le moment, très loin du compte.

Cette prise en charge adaptée des tout-petits a un coût nécessairement élevé. La formule

de l’école, telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, est certes  » économique  » puisqu’elle

consiste à faire prendre en charge par l’institution scolaire, gratuitement pour les

familles et à peu de frais pour les collectivités locales, le tiers – pour le moment –

d’un groupe d’âge dont l’accueil est naturellement onéreux. D’ailleurs, les familles

qui ont recours à cette formule ne sont pas prioritairement celles qu’elle visait initialement

puisqu’elle est particulièrement développée, sauf exceptions, dans les zones et dans

les milieux les plus favorisés. En bref, l’accueil des deux-trois ans nous semble devoir

être profondément repensé de telle sorte qu’il respecte rigoureusement les exigences

de cette période de développement au cours de laquelle le petit enfant acquiert le

langage et se structure.

  1. Réviser les programmes de formation des IUFM : renforcer la partie pédagogique

et organiser un véritable tutorat. Supprimer le recours aux étudiants comme

moyen de remplacement des enseignants manquants. Renforcer la pédagogie

propre à l’école maternelle :

La formation des enseignants appelle de profondes modifications. Face aux difficultés

croissantes de leur métier, les enseignants souffrent – ils le confient eux-mêmes –

d’une formation qu’ils jugent souvent peu adaptée à leurs tâches actuelles en particulier

en ce qui concerne l’approche des enfants et des adolescents, de leur psychologie

individuelle et collective, de leurs attentes à l’égard du système scolaire, bref de la

pédagogie. De plus, les mises en situation professionnelle (heures de cours assurées

devant des élèves) bénéficient rarement d’un tutorat réel. Il faudrait, bien au

contraire, que soient préparés, avec des tuteurs présents, enseignants expérimentés,

de vrais parcours pédagogiques dans des situations variées pour ces futurs enseignants.

La pédagogie paraît donc une discipline insuffisamment développée et enseignée.

D’autant que, comme l’écrit François Dubet,  » les problèmes sociaux et ceux des adolescents

sont entrés dans l’école « . Non pas que cette dernière soit chargée, à elle seule, de

les résoudre. Les enseignants, en revanche, doivent être mieux armés pour y répondre.

  1. 3. Mettre en place, pour les élèves  » décrocheurs  » et en rupture scolaire, dans

chaque académie, un établissement d’enseignement secondaire les accueillant,

hors sectorisation, avec des équipes éducatives volontaires, et une pédagogie adaptée :

La question des enfants que le système scolaire classique ne parvient pas à intégrer,

ceux que leur parcours de vie a déjà blessés, ceux qui font échec à toute tentative

d’approche, pour des raisons aussi variées qu’individuelles, se pose avec acuité.

été saisie lui ont permis de constater les conséquences dramatiques sur les

enfants de certaines séparations, particulièrement lorsque les procédures

judiciaires deviennent le lieu des affrontements parentaux. La Défenseure

approuve l’esprit général de cette réforme qui vise à limiter l’exacerbation des

conflits lors du divorce. Elle regrette vivement que ce projet n’affirme pas

clairement le droit de l’enfant capable de discernement à être entendu par le

Juge aux affaires familiales et que celui-ci ne puisse plus rejeter la demande

d’audition du mineur de plus de 13 ans, droit qui, d’ailleurs, serait conforme à

l’article 12 de la Convention internationale sur les droits de l’enfant. Elle attire

l’attention sur l’importance d’un meilleur discernement dans l’application des

dispositions concernant la résidence alternée. Elle a, en effet, été saisie de

situations de très jeunes enfants contraints à de nombreux allers-retours entre

les deux parents à un âge où cette manière de vivre paraît peu conforme à

l’intérêt de l’enfant. La Défenseure rappelle enfin une proposition formulée

dans son rapport 2001, sur l’intérêt de créer une cellule Enfance et Famille au

sein des juridictions, afin de mieux articuler les interventions des juges des

enfants et des juges aux affaires familiales.

_ Dix propositions de la Défenseure des Enfants :

  1. Cesser de développer l’accueil des enfants âgés de deux à trois ans en

maternelle dans les conditions actuelles. Organiser rapidement une conférence

de consensus sur la définition d’un accueil adapté à cet âge :

Près de 35% des enfants de 2-3 ans sont actuellement scolarisés dans des écoles

maternelles. Cette pratique relève des meilleures intentions puisqu’elle vise à améliorer la

socialisation, les capacités d’éveil et d’apprentissage de la langue des tout-petits

afin de favoriser leurs performances scolaires ultérieures et encourager l’accueil de

très jeunes enfants de groupes défavorisés. De premières études ont d’abord conforté

ces points de vue.

Toutefois, les observations actuelles démontrent que la réalité ne correspond pas

à ces espoirs. La tranche d’âge 2-3 ans n’étant pas celle des acquisitions cognitives,

l’école  » classique  » (deux adultes chargés d’un groupe de vingt-cinq tout-petits,

en moyenne) n’étant pas adaptée à leurs besoins de calme, de sommeil, de contacts

duels, il apparaît que cette approche doit être revue. Les spécialistes de la petite

enfance, consultés, ont dégagé un bilan inquiétant de la situation actuelle : enfants

nerveux, angoissés, parfois agressifs, présentant même, selon le Dr Boris Cyrulnik,

des symptômes post-traumatiques à l’arrivée à l’école primaire. A quoi s’ajoute

l’inefficacité de la formule, voire sa nocivité, selon le Pr Bentolila, pour ce qui est de

l’apprentissage de la langue. Et ce, en particulier, pour les enfants non francophones.

Il convient donc de multiplier et de diversifier les structures nécessaires à l’accueil

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  1. 6. Doter tous les établissements spécialisés dans l’accueil d’enfants handicapés

d’enseignants spécialement formés pour ce faire :

Développer l’accueil des élèves handicapés dans les écoles demande une adaptation

des locaux, la multiplication des auxiliaires de vie scolaire et surtout un développement

de la formation initiale et continue des enseignants et personnels de l’Education

nationale sur l’accueil et la pédagogie de l’enfant handicapé. Particulièrement, la

persistance d’un double système d’éducation, celui de l’école et celui de l’éducation

spéciale doit-elle être maintenue ? Afin d’éviter tout  » désert éducatif  » dont souffrent

de nombreux enfants handicapés il est indispensable de recruter et d’affecter des

enseignants convenablement formés dans les établissements spécialisés.

  1. 7. Valoriser les bonnes pratiques permettant de surmonter les violences au

sein de l’école :

Soumise parfois à des tensions extrêmes, qui vont des actes d’incivilité quotidienne

à des violences inadmissibles, commises par certains jeunes sur leurs camarades ou

sur des enseignants, l’école s’est parfois exagérément fixée sur un modèle qui lui est

étranger : celui de l’institution judiciaire. Il apparaît donc que, trop souvent, pour

répondre à la violence, l’institution scolaire reproduit le fonctionnement de la justice.

On peut évidemment comprendre que, face à des actes inacceptables, l’institution

scolaire réagisse parfois très fortement. Mais la justice est là pour cela : sanctionner

la violence, où qu’elle se produise, lorsqu’elle relève du droit pénal.

Pour le reste, l’école peine, nous a-t-il semblé, à inventer des procédures qui lui

soient propres, adaptées aux actes commis et aux enfants et adolescents sans pour

autant reproduire le fonctionnement d’un tribunal. Il serait très profitable que les

punitions et les sanctions y soient régulées selon des procédures originales, conformes

aux missions de l’école, ce qui n’est pas toujours le cas. Certains établissements ont

mis en place des procédures innovantes, après concertations entre tous les acteurs

de la vie scolaire. Leurs résultats doivent être valorisés.

  1. 8. Entreprendre une étude épidémiologique sur le recours aux châtiments

corporels comme moyen d’éducation par les familles et une campagne

d’information pour une éducation sans violence ni humiliation :

La loi française n’interdit pas les corrections physiques que les parents peuvent

infliger aux enfants. Une tolérance coutumière fait qu’elle ne considère pas les châtiments

corporels comme des violences physiques lorsqu’ils ne dépassent pas le niveau

généralement accepté par la société. Cette tolérance est aujourd’hui, en France,

remise en question par un certain nombre d’associations. S’il est probable que la

France risque de faire l’objet de condamnations sur ce point par des instances internationales,

cependant, légiférer ou non sur un tel sujet en France paraît actuellement prématuré.

Il n’est pas acceptable de voir chaque année des milliers d’enfants en rupture avec

l’école. A ceux-là, l’école parvient-elle à répondre ? Il y faut des inventions

pédagogiques, parfois des trouvailles, une sorte de véritable travail de laboratoire

que notre système doit savoir accueillir. C’est loin d’être toujours le cas. Le nombre

de ces  » décrocheurs  » justifie que soit mis en place dans chaque académie un

établissement les accueillant hors sectorisation. Depuis plusieurs dizaines d’années,

quelques collèges et lycées composés d’équipes éducatives volontaires et appliquant

une pédagogie innovante et adaptée, donnent des résultats incontestables et

indispensables pour beaucoup d’entre eux. De telles innovations pédagogiques

doivent trouver toute leur place dans notre système scolaire.

  1. 4. Elaborer un plan de relance des internats, pour les élèves géographiquement

isolés ou privés de bonnes conditions d’étude, fonctionnant aussi le week-end :

Depuis une trentaine d’années, on assiste à une désaffection des internats scolaires.

Cependant, la circulaire de l’Education nationale du 24 avril 2002 encourage à nouveau

la création ou la modernisation de tels établissements. L’internat scolaire lorsque, en

effet, il est choisi et non plus imposé comme une sanction, apporte à certains jeunes

– éloignés géographiquement de leur lieu d’études ou, plus encore, vulnérables

socialement – un moyen efficace pour poursuivre leurs études dans un climat propice

et serein. L’internat constitue ainsi un outil puissant pour réduire les inégalités

scolaires et sociales.

  1. 5. Lancer un plan d’urgence pour l’accueil des enfants handicapés privés de

prise en charge adaptée, aujourd’hui en situation sinistrée :

Repenser profondément l’accueil des enfants handicapés constitue une urgence

majeure pour notre société. Le constat est accablant, en effet. Le déficit en places

touche aussi bien l’école classique, pour les enfants handicapés qui pourraient y être

intégrés, que l’éducation spécialisée pour les plus lourdement atteints. Dans les deux

cas, des parents sont livrés à un véritable parcours d’obstacles, au détriment de

l’équilibre familial et soumis à la froideur brute des réponses administratives. Les

correspondants territoriaux de la Défenseure des Enfants ont examiné – dans

une démarche inédite – les modes de fonctionnement de nombreuses Commissions

départementales d’éducation spéciale, interlocutrices principales des familles et des

enfants. Les insuffisances, les lourdeurs administratives peuvent pousser certaines

familles à se tourner vers l’étranger, la Belgique en particulier, où un meilleur accueil

leur est réservé, au mépris de notre droit interne qui consacre le droit à la scolarisation

pour tous les enfants, quels qu’ils soient. Les plans que les pouvoirs publics ont mis

en place pour remédier à une telle situation relèvent de l’urgence. Mais aussi d’un

très grand effort financier.

12 13

Les Axes de travail 2004 :

En 2004, la Défenseure des Enfants poursuivra ou engagera des travaux dans

plusieurs domaines :

  1. 1. L’enfant, l’adolescent et l’action des départements :

Tel est le thème majeur retenu pour l’année 2004. Il abordera les différents aspects

des relations de l’enfant (et de sa famille) avec les services sociaux départementaux en

général et particulièrement l’Aide Sociale à l’Enfance. Seront en particulier examinées

les questions relatives à l’Aide Sociale à l’Enfance, à la Protection Maternelle et

Infantile, à l’adoption, à l’articulation entre les décisions de l’autorité judiciaire

et leur mise en oeuvre effective, de même que la formation initiale et continue des

travailleurs sociaux.

  1. 2. Les mineurs confrontés au monde de la prison :

Depuis plusieurs mois, un nombre croissant de mineurs sont privés de liberté. Se

pose également la question du maintien des liens entre des majeurs incarcérés et

leurs enfants et celle de l’incarcération croissante de jeunes mères avec leurs bébés.

La nécessité de maintenir une justice adaptée à la spécificité des enfants est reconnue,

mais la crise que connaît la Protection Judiciaire de la Jeunesse ne facilite pas la mise

en place des mesures préventives et alternatives à l’incarcération. La question peut

d’autant moins être négligée que le respect dû aux victimes (souvent mineures

elles-mêmes) suppose des solutions diminuant les risques de récidive.

  1. 3. L’adolescence :

La Défenseure poursuivra ses efforts pour promouvoir partout les moyens

d’apporter aux adolescents la diversité des appuis dont ils ont besoin. En particulier,

il paraît essentiel, pour que se développe réellement une culture commune

sur l’adolescence entre toutes les professions concernées, que se multiplient les

enseignements pluridisicplinaires sur l’adolescence, ainsi que les structures adaptées

aux besoins spécifiques de cette classe d’âge.

D’autres thèmes de travail pourront bien entendu être induits par des événements

d’actualité qui feraient surgir de nouvelles questions. Il est certain que la question

des mineurs étrangers demeurera une préoccupation majeure.

La relation éducative ne peut se dérouler sans accrocs ni conflits et elle pose

inévitablement la question de l’autorité. Ce rapport de force implicite entre l’éducateur

et l’éduqué, ce mode d’exercice de l’autorité parentale, passe encore trop souvent

par le châtiment corporel ou l’humiliation. Interpréter la relation éducative comme

un enjeu de pouvoir interdit une véritable remise en cause de tels comportements.

Le colloque  » Chronique des violences invisibles  » tenu à Paris en octobre 2003, à

l’initiative conjointe de la Défenseure des Enfants et de la ligue française pour la

santé mentale a clairement mis en évidence cette réalité.

Afin de mieux mettre en oeuvre une politique de prévention et de la cibler, une

étude épidémiologique permettrait, au delà des statistiques nécessaires, d’interpréter

les racines de ces conduites violentes et de préparer une campagne d’information

efficace pour leur mettre un terme.

  1. 9. Mettre en oeuvre une démarche concertée pour aboutir à des établissements

totalement sans tabac :

Les collégiens et lycéens, tout particulièrement les jeunes filles dont toutes les

enquêtes montrent qu’elles sont de fortes consommatrices, représentent un enjeu

fondamental face au tabagisme. L’addiction au tabac, qualifiée de  » fléau social  »

dès la loi Evin, est d’autant plus difficile à combattre que l’accoutumance aura

commencé tôt. Pour l’Etat, protéger à court et à long terme la santé des enfants, c’est

s’engager à faire respecter le principe d’établissements scolaires sans tabac.

Le contrat-cadre de partenariat en santé publique signé en juillet 2003 entre le

ministère de la Santé et celui de l’Education nationale témoigne d’une volonté

politique qui s’est concrétisée par l’inauguration, en octobre 2003, d’un programme

de lycées pilotes sans tabac. Au delà des contacts individuels menés par les équipes

éducatives et médico-sociales, l’élaboration du projet d’établissement constitue une

voie propice au développement d’une culture commune sur ce sujet.

  1. 10. Préparer la découverte, à l’école, des systèmes de croyance et de la tolérance :

Cette découverte peut devenir un outil d’apprentissage du respect réciproque, à travers

l’approche des valeurs propres aux systèmes de croyance. Elle peut alors être un outil

d’ouverture aux autres à l’inverse des démarches excluantes propres aux intégrismes.

Cela suppose un effort très important d’élaboration d’outils pédagogiques à disposition

des maîtres.

14 15

Départements d’intervention Coordonnées : ATTENTION, nous ne pouvons fournir en 2015 les personnels concernés en 2003, et vous nous comprendrez car ce sont des archives.

16

*******************************************************

Pour conclure, ce mardi 14 avril 2015, l’ « AEDEPS » dit que pas grand-chose a changé, au contraire, la Politique Familiale et la Protection de l’Enfant partent dans tous les sens sans trop se préoccuper de l’Intérêt de l’Enfant.

***************************************

                                                                              ***************************************

 FORUM DE LA JEUNESSE FRANCO-AFRICAINE

 Séminaire 22 & 23 avril 2005, à L’INJEP (Marly-le-Roi)

 ‘’La Question de l’intégration, de l’insertion sociale et professionnelle en France, et en Europe, des Jeunes africains de la 2è génération’’’

Introduction

Intégration ? Insertion en France et en Europe ? Quels rôles peuvent jouer les jeunes franco-africains de la 2è génération dans le développement, y compris des pays du continent africain ?

Telles seront les questions qui seront posées aux intéressés dans le cadre de ce FORUM qui vise à donner la « Parole » à ces jeunes dans le cadre d’un dialogue avec les autorités françaises, européennes et africaines.

Par ailleurs, ce séminaire fournira la matière qui configurera le 2è temps fort du processus prévu du 11 au 14 juillet à Bamako (Mali) : le Rassemblement de la Jeunesse pour le Codéveloppement.

Le dernier temps fort étant la Publication – destinée aux autorités françaises, européennes et africaines – qui sortira en décembre 2005.

  1. I. Programme du séminaire
 
Vendredi 22 avril 2005
Samedi 23 avril 2005
 Matinée   Plénière d’ouverture :

  1. Allocutions officielles

 

(9h30 / 10h30)

 

  1. Table ronde

 

(10h45 / 12h30)

 

Ateliers thématiques (9h30 / 10h45)

 

Ateliers thématiques

 

(11h00 / 12h30)

 

  Pause déjeuner Pause déjeuner
 Après-midi  

 

 

 

‘’Le Programme européen Jeunesse et l’intégration citoyenne’’ (plénière) (14h15 / 14h45)

 

Ateliers thématiques

 

(15h00 / 17h30)

 

Plénière de clôture :Présentation de la ‘’plate-forme’’ de Marly-le-Roi (Rapport général + Points de vue d’un/e jeune, d’un pays européen, d’une association d’éducation populaire…)

 

(14h30 / 17h00)

 

Cocktail (à 17h15)

 

 Soirée  Présentation et projection du Film
‘’Au bled’’, par le réalisateur. (18h00 / 19h00)

 

Spectacle (18h00 / 20h00)

 

 

II.           Plénière d’ouverture

 

Allocutions officielles :

 

  1. Mot de bienvenue = Étienne MADRANGES, directeur de la jeunesse, de l’éducation populaire

et de la vie associative – président du Conseil d’administration de l’INJEP

  1. Allocution d’ouverture = Jean-François LAMOUR, Ministre de la jeunesse, des sports et de la vie associative

   – Message lu par Hervé MECHERI, directeur de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP)

  1. Allocution d’un pays africain = Prof. Oumar Hammadoun DICKO, Ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine

Table ronde :     * Animation            = Marie-Roger BILOA, éditorialiste Africa International   *

  1. Parole des jeunes = Coumba TRAORE, déléguée fédérale aux relations internationales à la Fédération nationale Léo Lagrange

= Thierno CAMARA, Forum des organisations de solidarité internationale issues des migrations

  1. Parole d’un militant = Bernard DOZA, journaliste et écrivain, membre de l’Alliance Diaspora

Noire d’Europe

  1. Point de vue d’une collectivité = Claire VILLIERS, vice-présidente du Conseil régional Île-de-France

du Nord chargée de la démocratie régionale

  1. Point de vue d’un élu national = Christophe CARESCHE, député à l’Assemblée nationale (sous réserve)
  1. Point de vue ministériel = Christian CONNAN, Ambassadeur de France en charge de la politique

de Codéveloppement

***

III.        Plénière de clôture

 

  1. Rapport général = Alfred MISSAMOU, conseiller technique de la première maire adjointe de Paris

…………. (Débat avec la salle) …………..

  1. Point de vue d’un jeune = Ali SOUMARE, Haut conseil des Maliens de France
  1. Point de vue d’une organisation = Alain SAUVRENEAU, viice-président délégué de la Fédération nationale Léo Lagrange
  1. Point de vue d’une institution = Pierre LUNEL, président de l’Université Paris VIII (Saint Denis)
  1. Point de vue d’un pays européen = Enrique RAYA, professeur à l’École universitaire de travail social (Espagne)
  1. Point de vue d’une collectivité = Gabriel FANDJA, maire de l’arrondissement IV de Douala (Cameroun) du Sud
  1. Clôture du séminaire = Marie-Pierre de Liège, secrétaire générale du Conseil national des villes
  2. Organisation des Ateliers thématiques
  1. Direction générale des Ateliers
ATELIER 1 ATELIER 2 ATELIER 3 ATELIER 4
Thèmes  « L’accès aux droits ? »  « Le dialogue fille/garçon dans la cité »  « La formation des acteurs
à l’interculturalité »
 « La jeunesse et
le codéveloppement »
Partenaire techniqueCoordination thématique

 

Pôle enquête

 

CNV

 

 

Bruno Quémada, SL

 

 

Brune Diricq, CNV

 

INJEP

 

 

Florence Risi,

‘’Graines de soleil’’

 

Mathieu Kourouma, ‘’Graines de soleil’’

 

ERMA  

Claude Marius, CNV

 

 

Horya Fadelame, LLSI

GERFAC

 

 

Michel Calzat, DRDJS Rhône-Alpes

 

Edith-Laure Chouapi, GERFAC

Animation  Céline Braillon, CNV  Michèle Loup, Conseil régional IdF Clair Michalon, CILO Geneviève André, Mairie de Paris
Rapporteurs Jean-Dominique Delaveau, FNLLLucie Lafon, FORIM Christine Rochwerg, Conseil régional IdF Fatou Camara, ACOFA Marie-Pierre de Liège, CNV Horya Fadelame, LLSI

 

Bernard Boumba, FAC  

Aminata Bouné, HCME

Rapporteur général  Alfred Missamou, conseiller technique de la première maire adjointe de Paris

 

  1. Présentation générale de chaque Atelier [Cf. ci-contre]

L’atelier s’attachera à définir ce que sont les droits fondamentaux, et notamment ce qu’ils sont pour des jeunes Français issus de l’immigration subsaharienne.

Parmi ces droits, lesquels sont réellement mis en oeuvre ? Quelles sont les difficultés rencontrées pou rendre ces droits effectifs ( absence d’information, stigmatisation, discrimination,…) ?

Il s’agira alors de distinguer les obstacles d’ordre individuel de ceux d’ordre collectif.

Quelles sont les réponses apportées par les institutions ( collectivité locale, programme d’insertion, …) ? Sur quels leviers peuvent-elles s’appuyer ?

Quelles préconisations pouvons-nous faire pour que ces droits soient reconnus, garantis et effectifs?

ATELIER 1
Thème  « L’accès aux droits ? »
Partenaire techniqueCoordination thématique

 

Pôle enquête

 

Conseil National des Villes (CNV)78/80 rue Lecourbe – 75015 ParisT : 01 44 38 34 33  * F : 01 44 38 34 48 *   Courriel : secretariat.cnv@laposte.net

 

Bruno QUEMADA, chargé de mission Solidarité Laïque

 

Brune DIRICQ, CNV (stagiaire)

Animation Céline BRAILLON, chargée de mission CNV
2 Rapporteurs Jean-Dominique DELAVEAU, directeur de la vie associative à la Fédération nationale Léo LagrangeLucie LAFON, Forum des organisations de solidarité internationale issues des migrations

 

Témoignages François PUPPONI, Maire de SarcellesSadia BOUJDER, présidente du Forum des entrepreneurs réunisAïcha SISSOKO, directrice de l’association des femmes africaines du Val d’Oise

Pierre TCHETCHE APEA, Agora Cité

Ali SOUMARÉ, Haut conseil des Maliens de France (section jeunesse)

Ismaël SACKO, Association des diplômés et étudiants maliens de France

 

Délégation européenne

 

Participants Délégation africaineAutres inscrits

 

Au moment où de nombreuses voix s’élèvent pour pointer un certain nombre de difficultés entre les jeunes filles et les jeunes hommes dans les « cités », il nous a semblé intéressant de vérifier comment les jeunes, franco-africains, filles et garçons, dont les parents sont originaires des pays du sud du Sahara, vivent concrètement cette relation.

Y a-t-il un sentiment de violence ressentie ? Est-il plus important pour les jeunes filles ou est-il de nature différente de celle ressentie par les jeunes garçons ? Les jeunes filles se sentent-elles à l’aise dans l’espace public ? Participent-ils à égalité à des activités sociales dans les MJC ou autres structures associatives ou institutionnelles ? Quelles sont leurs attentes vis-à-vis des adultes ? des institutions ? Quelle est leur confiance ou leur angoisse par rapport à leur avenir ?

Toutes ces questions seront au cœur des débats qui auront lieu dans cet atelier afin de déboucher sur des actions transformatrices pour aider l’ensemble de ces jeunes à trouver leur place dans la société d’aujourd’hui ?

ATELIER 2
Thème  « Le dialogue fille / garçon dans la cité »
Partenaire techniqueCoordination Thématique

 

Pôle enquête

 

Institut National de la Jeunesse et de l’Education Populaire (INJEP),11 rue Paul Leplat – 78160 Marly-le-RoiT : 01 39 17 27 52 *   F : 01 39 17 27 65 * Courriel : richez@injep.fr *   SI : www.injep.fr

 

Florence RISI, Graines de soleil

 

 

Mathieu KOUROUMA, Graines de soleil

Animation Michèle LOUP, conseillère régionale Îlle-de-France chargée de la problématique de genre dans les politiques régionales
2 Rapporteurs Christine ROCHWERG, chargée de mission auprès de la vice-présidente du CRIdF / démocratie localeFatou CAMARA, Association de coopération des femmes africaines

 

Témoignages   Awa TOURE, ‘’2è Génération’’Fabienne BRUGEL, Théâtre Forum / N.A.J.E.Bakary SAKHO, Braves garçons d’Afrique

Fatou DOUMBIA, Haut conseil des Maliens de l’extérieur (section jeunesse)

Témoignage d’un groupe de jeunes de la Goutte d’Or (Paris)

 

Délégation européenne

 

Participants Délégation africaineAutres inscrits 

Aborder la question de la formation des acteurs à l’interculturalité revient à revisiter certaines notions comme la culture et l’identité culturelle. Il s’agit dans cet atelier de poser clairement la question des construction identitaires; les personnes ressources alimenteront les débats avec les jeunes.

La deuxième partie de l’atelier s’efforcera de mettre en perspective les stratégies actuelles des acteurs de l’Education Permanente dans leurs pratiques et leurs approches (bénévoles associatifs et professionnels).

ATELIER 3
Thème  « La formation des acteurs à l’interculturalité »
Partenaire techniqueCoordination thématique

 

Pôle enquête

 

Ecole Régionale des Métiers de l’Animation (ERMA)5 av. de la république – 91260 JuvisyT : 01 69 56 00 14 * F : 01 69 21 31 81 * Courriel : andremvogo@hotmail.com

 

Claude MARIUS, membre du Conseil national des villes

 

Horya FADELAME, stagiaire à Léo Lagrange solidarité internationale

Animation Clair MICHALON, communication interculturelle et logiques sociales
2 Rapporteurs Marie-Pierre de LIEGE, Secrétaire générale Conseil national des villesHorya FADELAME, Léo Lagrange Solidarité Internationale

 

Témoignages Gaston KELMAN, auteur de « Je suis noir et je n’aime pas le manioc »Ferdinand EZEMBE, directeur ‘’Afrique Conseil’’, auteur de « L’enfant africain et ses univers »Sylvie FEUCHER, commissaire de police, chef du district de Police de Versailles

Hervé DALMAIS, représentant en France de Anti defamation league

Michel RAFA, France Afrique Cultures – animateur du ballet Lemba

 

Délégation européenne

 

Autres participants  Aimé OUELLET, conseiller technique auprès du Secrétaire général de la Conférence des Ministres de la jeunesse et des sports des pays ayant le Français en partage (CONFEJES)Délégation africaine

Autres inscrits

 

L’atelier « Jeunesse et Codéveloppement » va s’attacher au travers d’un certain nombre de témoignages d’expériences qui seront mises en débat, de proposer quelques pistes de réflexion et de facilitation pour accroître les actions.

Les projets déjà réalisés ont généralement permis de constater que les compétences des jeunes des deux pays concernés se sont accrues .

Les apports des uns et des autres font apparaître des complémentarités qui favorisent la créativité et l’innovation dans des échanges où les deux pays partenaires, France et pays d’Afrique sont gagnants.

ATELIER 4
Thème  « La jeunesse et le Codéveloppement »
Partenaire technique 

Coordination thématique

 

Pôle enquête

 

Groupement d’échanges de recherche de formation et d’action pour le codéveloppement (GERFAC)
11 rue Paul Leplat – 78160 Marly-le-RoiT : 01 39 17 27 82 * F : 01 39 17 27 90 * Courriel : gerfac@injep.fr 

Michel CALZAT, conseiller technique auprès de la Direction régionale et départementale de la jeunesse & des sports de Rhône-Alpes, délégué État à la politique de la ville

 

Edith-Laure CHOUAPI, GERFAC

Animation Geneviève ANDRE, sous-directrice de la vie associative à la Mairie de Paris
2 Rapporteurs Bernard BOUMBA, président de France Afrique CulturesAminata BOUNE, Haut conseil des Maliens de France (section jeunesse)

 

Témoignages Jean-Pierre BRARD, maire de MontreuilGilles CRESSAN, chargé de mission / cellule relais en France du FSP-Codev MaliMoussa SIDIBÉ, chargé de mission GERFAC-MALI – opérateur du volet ‘’jeunesse & codéveloppement’’ du FSP-Codev Mali

Anne-Sophie DEVIGNÉ, Maison de l’artisanat du Mantois

Idrissa DIABIRA, ‘’Mauri-Talents’’

Bassy DIARRA, Forum des organisations de solidarité internationale issues des migrations (groupe jeunesse)

Mohamadi DIAFFA, Haut conseil des Maliens de France (section jeunesse)

Maguette DIAKHATÉ, présidente de l’association de coopération des femmes africaines

 

Délégation africaine

Délégation européenne

 

Participants 

 

 Jeanne Marie IBA-BÂ, directrice des Programmes jeunesse à la Conférence des Ministres de la jeunesse et des sports des pays ayant le Français en partage (CONFEJES)Autres inscrits

 Yolande AMBIANA, Ambassadrice bénévole de l’ « AEDEPS,

en grande discussion avec Gaston KELMAN

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               Ci-dessous quelques photos du forum :

DSCN9211DSCN9210

                            DSCN9238    DSCN9241

 DSCN92222ème en partant gauche à droite J.G CHANCY  Président de l’ « AEDEPS« 

4ème en partant de gauche à droite Gabriel FANDJA  « Maire de Douala IV »  Cameroun

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