Une affaire de nègres, réaction de Yolande AMBIANA

Une affaire de nègres ”    May 23rd, 2008 by MP (Athens, Greece)

En 2000, au Cameroun, le commandement opérationnel d’une unité spéciale pour lutter contre le banditisme a fait, en un an, plus d’un millier de victimes dans la région de Douala à l’Ouest du pays africain. Osvalde Lewat, réalisatrice auu Cameroun, raconte cette histoire terrible dans son dernier documentaire  « une affaire de nègres ». Elle s’interroge sur la même question qui a été posée par la Nigériane Nobel Lauréate Wol SOYINKA.  « On dit des Africains qu’ils ne sont pas prêts pour la démocratie, alors je m’interroge: ont –ils jamais été prêts pour la dictature? »

Pourquoi avez- vous souhaité traité ce sujet maintenant ?

Pendant 6 ans, j’ai exercé le métier de journaliste. Chaque article a un caractère éphémère, donnant lieu a une frustration. Ce sentiment m’a donné envie d’aller au fond des choses en réalisant des films. J’ai choisi de traiter ce sujet lorsque j’ai rencontré un des personnages du documentaire.

Avez -vous rencontré des difficultés pour tourner ce documentaire ?

C’est un thème difficile à traiter… quand on s’attaque à des sujets comme l’armée, la politique, la démocratie et les drames humains. Il m’a fallu 4 ans pour réaliser ce documentaire. J’ai pris le temps de compiler les informations…même si tout au long du projet, j’avais une grosse crainte : celle de ne pas pouvoir tourner.

Est-ce que vous étiez en colère au moment où vous avez affronté le soldat membre de l’unité spéciale ?

Je n’étais pas en colère, j’étais fascinée. Peut- être que ce n’est pas le mot juste. La première fois que je l’ai rencontré, c’était un soir, j’étais terrorisée. Mais le lendemain quand on a commencé l’interview, j’étais complètement fascinée. Pour mon expérience professionnelle et cinématographique, rencontrer quelqu’un comme ça, qui explique qu’il a massacré des hommes, qui n’est pas dans un processus de regret, sans humanité m’a fasciné. Ca n’est pas un film pour critiquer le gouvernement du Cameroun, le but du film, c’est de montrer une société à la dérive.

Votre documentaire a-t-il été bien accueilli à Cannes ? Quel est le but de votre présence à Cannes ?

Malheureusement il n’est pas présent en sélection officielle ou parallèle. Il est actuellement présenté au Pavillon « les Cinémas du Sud ». Une projection a aussi eu lieu au Marché du Film. Globalement l’accueil a été plutôt positif. Au- delà de la présentation de mon documentaire, je profite du festival pour rencontrer des distributeurs.

Qu’avez-vous prévu pour continuer la promotion de votre documentaire ?

Le 26 juin, grâce au soutien de CFI, mon documentaire « une affaire de nègres » sera projeté à Paris au club de l’étoile, pour les professionnels et la presse.

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Ce documentaire, suivi d’un débat,  a été à nouveau présenté à Paris, Espace Saint Michel, ce vendredi 25 septembre 2009, notre Ambassadrice et Amie  Yolande AMBIANA y était, voici son analyse :

    « UNE AFFAIRE DE PALAIS »

 Vendredi 25 septembre 2009, Espace St-Michel à Paris :

20h 30mn ce jour, c’est l’heure de la séance du film documentaire de l’éminente réalisatrice Osvalde LEWAT « Une affaire de nègres ». On se croirait sur la 6ème chaîne française, à la projection d’ « Un dîner presque parfait », mais le poison du crime assaisonne ici les plats.
 

Décline alors à la lueur du soir, un paysage lunaire à l’ombre de la vérité, vaste cérémonie nuptiale où opèrent mariages de tous bords, promesses louables mais éthérées s’y mêlent aux élans de crimes institutionnalisés, et l’on croise en tortionnaires de la République, les acteurs dignes des pires films d’horreur.

C’est le cas effroyable  du Cameroun en l’an 2000, comme le déplorent la larme à l’œil, certains intervenants membres du Barreau, des médias et partis politiques.
 Le débat s’amorce à 22h10mn.
 

La question rituelle « Si quelqu’un ici présent s’oppose à ces mariages, qu’il parle ou se taise à jamais… » résonne au cœur de l’invite sommaire de la réalisatrice, en un frugal mais appétissant  « y a-t-il des questions ? ».

La séance expire mais le débat enfle, souffle sur un feu d’offense aux Droits de l’Homme.       Face à l’infamie d’ici ou d’ailleurs, l’écran est mis à l’index, à la carte de notre conscience.
 
Il y a foule en salle et abondance de saveurs. A défaut de vin, le sang coule à flots dans nos propos, nos langues se délient. C’est un menu gastronomique à souhait, servi dans du petit lait, à coups de pied dans la termitière, tant ce met reste prisé par des palais avertis. Pour éviter l’indigestion, mieux vaut mettre nos petits plats dans les grands.
 
Mais je m’égare, nos pieds foulent la France, piétinent la critique. De sa voix suave et nationale, Liane FOLY y susurre : « La Loi ne fait plus les hommes, mais quelques hommes font la loi » .Tel un enfant, n’est ce pas d’une voix libre et affranchie que se déploie la voix d’un ange ? Aimé Césaire n’en dirait pas moins.
 
Lorsque la messe fut dite le principal intervenant en robe d’avocat, fût mûr à point pour la dégustation, c’est à mon tour de prendre part à ce festin.
Je présente mon « apéritif » sous deux couverts, mère et ambassadrice d’une association pour les Droits de l’Enfant, L’ « AEDEPS-Protection de l’Enfant » (URL: www.aedeps.fr), ayant des partenaires dans deux pays africains, d’ailleurs nous en profitons pour dire bonjour à Martin au Bénin.
 

Le coude levé en un cocktail de compliments, je n’ai d’yeux que pour la nouvelle promise par notre réalisatrice : oh ! Grande d’âme, la Vérité ni plus ni moins, au doux pays des Droits de l’Homme.

 A ma première question mon palais explore en entrée, une douce saveur d’innocence :    
 

« Osvalde, dans votre conception, l’intégrité d’un enfant concerne telle l’institution générale des Droits de l’Homme ? »

 

« Comment une question si triviale peut-elle être posée… mais ai-je bien compris ?! » S’exclame ébahie la réalisatrice, face à mon ignorance…

 

« Que voulez vous, ma question est simple autant que moi-même, si le bon sens est des mieux partagé au monde, la bêtise aussi, permettez moi d’en faire usage.»

Osvalde consent enfin à enfourner ma question qui devient brulante, je l’entends déclamer d’une voix sonore et véhémente dans cette salle qui bât son plein :
 

« Mais ignorez vous que les enfants sont concernés par les Droits de l’Homme? Et bien au-delà, Ils en sont la base, le socle, que dis-je le flambeau !!! »

 

Mes papilles s’émoustillent soudain, s’enhardissent comme celles d’un enfant devant une friandise. Face à une telle révélation, Le délice m’envahit et j’entame sans tarder mon plat de résistance :

 

« Ah ! Madame la réalisatrice, comme vous soulagez ma faim, et la soif de connaissance qui me taraude depuis tant d’années ! 

 

Il fût un temps peu reculé, votre principal intervenant, avocat de son Etat, honorait goulument ma table au sens propre comme au figuré. Voyez-vous, j’ai de sérieuses raisons d’affirmer ce jour, que cet homme en robe, s’est détourné de quelques enfants en péril pour protéger… sa chaire.                                                                                                                   

J’ai dans mon ignorance, la prétention de croire qu’une telle considération s’élève bien au-delà de ma modeste personne alors, vous saurez certainement nous éclairer sur cette question, aussi simple que la première.

 

A quel titre et par quel miracle, un homme fût-il en robe, pourrait’ il  au nom des Droits de l’Homme, défendre quiconque du danger de mort, quelque homme que ce soit, s’il n’est pas à même de répondre à la détresse d’un seul enfant dans sa société ? »

 

L’atmosphère s’embrase au dessert, mais voyez comme moi, le plat est cuit à point, à l’étouffée.      Ce doit être l’effet du digestif, car un homme en furie se jette sur moi et me demande pourquoi je n’aurais pas confié mon dossier à telle autre avocate de renom, au lieu d’acculer le protagoniste.

 

« En nous laissant entrevoir madame la réalisatrice, que  vous auriez pu vous tromper au casting, dans le choix de vos ingrédients, cette bonne âme ferait t’elle la plonge pour vous ?             Je vous remercie »

 

On m‘informe « en cuisine » de la présence au menu de quelques gros poissons, mais dans les affaires juteuses, gros poissons et menu fretin nagent dans les même eaux…

                                                                                                                             Yolande AMBIANA

                                                   Ambassadrice de l’AEDEPS.

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Des liens  importants à suivre:

Osvalde Lewat: «J’ai posé un acte citoyen»

Parution dans « Libération » du 25 septembre 2009:

http://www.liberation.fr/cinema/1201189-cinema-une-affaire-de-negres

http://www.critikat.com/Une-Affaire-de-negres.html 

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Note du Bureau de l’AEDEPS-Protection de l’Enfant:

à l’attention d’Isabelle, Charles-Olivier et Céline, votre maman ne vous a jamais oubliée et elle vous aime, même si l’on vous empêche tout contact avec elle, et que l’on peut vous raconter n’importe quoi de faux à son sujet, surtout n’oubliez jamais, les enfants, que votre maman est très gravement malade en France, maladie rare non reconnue, qu’elle ne peut se déplacer facilement du fait des soins lourds qu’elle doit subir, dans divers hôpitaux parisiens, vous lui manquez beaucoup et une maman on en a qu’une dans sa vie.

Signé J.G

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