Yolande AMBIANA … Cris du Coeur vers le Cameroun…

« I HAVE A DREAM »

 IF WE LOSE A HAIR OF OUR CHILDREN,

 WE ARE A DREAM FOR ALL OF THEM

 Faisons-nous face

À  l’aube de l’an deux mille, j’ai été amputée de mes trois enfants, qui ne peuvent venir à ce jour encore jusqu’à moi. La raison est très simple, bien que j’aie pu les mettre au monde, on leur a enroulé un long cordon autour du cou, qui les empêche d’apparaitre : au grand Jour .

Si dans sa mansuétude, les voies du ciel m’avaient donné une fille, elle aurait aujourd’hui douze ans. Elles me la révèlent simplement, en m’ouvrant largement le regard. Mais si vous ne la voyez pas vivante, c’est qu’à vos yeux les siens sont clos. Nous l’appelons pourtant d’une seule voix en :

                                                    La VÉRITÉ

Jeune et belle comme Vanessa TCHATCHOU, la vie en elle vaut pour tous. Née dans la jungle elle crie pourtant, mais personne ici ne l’entend. « SHE IS A DREAM ! »… Alors, mon rêve à moi, est qu’elle soit ressuscitée aux yeux de tous, de son prochain de ses contemporains, que sa naissance soit célébrée, afin que soit chassée la Légion des honneurs qui l’accablent. Ils sont nombreux, et laissent en toutes les langues échapper leurs noms de nos bouches :

« Violence ; Discrimination ; Polémique ; Déni ; Hypocrisie ; Insanité ; Intolérance… Et j’en passe… »

Ma Parole n’a donc d’autre vocation que de nous faire entrer en communion, dans la souffrance de la chère enfant Vanessa, des miens et tous ceux qui subissent le même affront. Car il est dit chez moi de la Femme: « Elle est la porte où apparait l’enfant ».

Son drame a permis à la voix d’une partie du peuple, de s’ériger pour pousser son cri : Non !!! Dire « Nom » à l’injustice. Mais son désarroi permet aussi aux gens du peuple que nous sommes, de nous regarder dans les yeux pour découvrir enfin, de quelle source peut bien jaillir une telle hémorragie. C’est ainsi que j’ai pu voir nombre de yeux fermés ; Des failles notamment soulignées par des écrivains, dont la main est venue exhumer, tant de nos pairs qui s’y sont vus précipités.

En deux-mille ans et même avant, des livres, des plus anciens à nos jours, ont spécifié ces enlèvements d’enfants. L’un d’entre eux des plus célèbres, nous l’appelons : MOÏSE. Documentaires et films ont suivi à foison, mais certains d’entre nous, ne les voyant que d’un œil torve, avons cru quelques fois que leurs lignes réfractées, ne serviraient pas notre cause. Devenant réfractaires à toute nuance, ils parlèrent alors de dénoncer de façon souveraine, l’injustice et les violences que nous subissons. Certains y voyaient même une allégeance à leur ancien colonisateur, tant nos failles cachées peuvent donner le vertige, à ceux qui n’en ont pas été avertis.

Des femmes écrivains comme Axelle KABOU, ont ainsi été décriées sur la place publique de nos opinions, étant perçue comme : la main nègre du colon blanc. Des précurseurs de la psychanalyse tels que Carl Gustav JUNG, avaient déjà auparavant, dévoilé bien des travers de l’âme humaine. Mais bien avant, les savants arabes auraient percé le mystère des Hiéroglyphes égyptiens dès le IXe siècle, c’est-à-dire mille ans avant Champollion, et bien au-delà encore… Alors cette fille la Vérité, que nous avons tant décriée, serait peut-être bien plus ancienne qu’on ne serait porté à le croire.    

Au confluent de nos cultures, mon sang mêlé ne verse pas plus d’un côté que de l’autre, même si je peux me voir souvent écartelée. Les fortes turbulences que nous traversons aujourd’hui doivent nous permettre de prendre ce recul en faisant une analyse comparative de deux situations très graves, sans rentrer dans ce que nous pourrions être tentés d’appeler, la logique de la concurrence mémorielle, où la comparaison de deux visions qui peuvent sembler à tort ethnicisées.

Lorsque, à 35 ans, je me suis vue arracher mes trois enfants, l’innocence ne paraissait plus aussi clairement sur mon visage ;

Alors trop maquillée sous le feu vif des projecteurs de la jeune Télévision Camerounaise, nombreux voyaient en moi une oie à moitié blanche, qui se serait mariée à un homme célèbre et fortuné, pour se repaitre de son argent ; Maître corbeau qui, à la croisée d’intérêts politiques divers, haut perché sur la branche d’une opposition vacillante mais fascinante, a basculé sous un régime qui en soumet plus d’un sous le soleil cuisant de notre république. Enfin, ce qui ne redore pas mon blason pourtant déjà bien métissé, ce sang mêlé pourrait troubler la vision de tous ceux qui ne voient pas sur quel bord je pourrais bien me trouver, ne sachant pas exactement où me situer, devant leur échiquier.

Pourtant, mes enfants m’ont été enlevés, alors que je me trouvais aussi affaiblie sur un lit d’hôpital, avant de me voir expulsée de l’appartement parisien loué par leur papa. Nous y avons passé ensemble la Saint- Sylvestre de l’an 2000 – Curieuse manière d’abandonner son mari ou même ses enfants, surtout lorsque certains de mes médecins se souviennent l’avoir rencontré, et qu’il me l’a confirmé par une lettre écrite de sa main – Dans les veines de ces enfants arrachés à leur mère que je pleure tous les jours, ceux des miens, et aujourd’hui celui de Vanessa, coule abondamment du sang : BAMILEKE. Dans les deux cas, nul ne peut le leur retirer, ni le mien ! Et pour tous ceux qui viennent d’ailleurs dans le monde, les parents subissant le même sort ne peuvent récupérer leur sang sans perdre leur enfant, et là encore, pas sûr qu’ils parviennent à  le ramasser… N’est-il pas vrai ???

Dans ces rapides où nous entrainent nos barques folles, où elles prennent de l’eau de toutes parts, nous risquons le naufrage ; Car nos enfants tels des poissons nagent dans des lits différents, mais qui viennent d’un même fleuve.

Ma situation, celle de mes enfants et bien d’autres, parle de cette inhumanité infligée au bébé FEUZEU de Vanessa. Et je crois qu’à ce propos, mes précédents articles reflètent bien la souffrance que toute mère – de race Humaine – peut ressentir face à ce drame, qui déshonore toute une Société. La seule différence dans cet acte ignoble qui fait offense à tout enfant, et elle n’est pas des moindres (Ni même moins troublante) ; Dans le cas de mes enfants :

Celui qui les enlève et les manipule depuis douze ans ! N’est autre que le tout premier homme à apparaitre dans l’existence de chaque enfant pour normalement le protéger : Leur géniteur. Son cynisme a même dépassé le cadre des frontières d’un pays, puisqu’en tissant une toile savante tout autour d’eux et en se faisant des alliés, il a usurpé le titre de papa, que tant d’autres mériteraient. Ainsi, mes enfants sont la proie d’un lavage de cerveau et d’une manipulation permanents, auxquels s’ajoute un chantage outrancier, une collusion honteuse de personnes qui s’est tue ou a dénié mon légitime statut de maman. Une maman est certes limitée dans ses déplacements, mais ne vous y trompez pas, une mère elle, à des ailes, et peut traverser l’océan d’ignorance de la nature Humaine !

C’est elle qui m’anime, voilà pourquoi le Ciel m’a comblée des enfants de la chair autant que de ceux du cœur… Voici pourquoi je suis fondée ici d’appeler Vanessa : ma fille.

Comment s’étonner alors qu’un homme, le premier à enfreindre la Loi, déshonorant la vie de ses propres enfants, puisse passer outre toute autre loi ne servant pas ses intérêts ! Car en bafouant ainsi leurs Droits, il est aussi le grand tenancier d’un Barreau que l’on connait. Alors si nul n’est censé ignorer la Loi, lui devrait nous apprendre à la respecter :

La CIDE a été ratifiée le 20 Novembre 1989 à l’UNESCO, entre autres femmes de Chef d’État, par Chantal BIYA, en présence du Président de l « AEDEPS« , ex « ADEPS » qui était invité. Or, Pour être instruite au Cameroun, toute procédure d’assignation d’un membre du Barreau doit, obligatoirement, recevoir l’assentiment… de son Bâtonnier !

                                                      Ce fut le silence….

Un silence assourdissant, mais cet air là une Vanessa le respire tout autant que moi à pleins poumons, bien qu’après quatorze interventions, il ne m’en reste plus que la moitié…

Alors quand souffle l’Ouragan, selon que l’on se trouve au centre, dans l’œil du Cyclone, ou bien à la périphérie, nous entendons deux sons de cloches bien différents :

Dans certains cas, comme celui de l’enfant de Vanessa, les mots qui feront tournoyer les têtes pour qualifier le crime, prendront l’accent d’un vent du Sud :

   « Atroce… Horrible… Indigne… Inhumain… Suprême offense…À notre Humanité !!! »

Dans d’autres cas, comme celui des miens, des têtes gèleront sous l’accent d’un vent glacial,

Et la situation deviendra je cite :

     « Personnelle… Familiale… Délirante… Vénale… Honteuse… Pitoyable… Ridicule… »

Sous un tel règne notre chère enfant va se voir affublée du sordide vocable de « Martyre »,

Pendant que ma tête de maman prendra l’allure d’une « Écervelée ».

Au bout du compte, comme dans mon « Noble petit chaperon rouge », rien là de très glorieux à mettre sous la dent d’un digne Loup. En clair, si l’innocente Vanessa s’était retrouvée à ma place, avait pris mon ancien visage, à l’heure où le printemps n’avait pas encore fait fleurir toutes nos vocations et si je m’étais trouvée  à la sienne, il va sans dire que j’aurais été encensée mille fois, et elle assassinée dans l’ombre...

Ainsi, je souhaite de tout cœur que toute maman retrouve son enfant et lui souffle mon air doux de Liberté ; Mais si nous nous bornons à regarder cette situation sous l’angle de la seule restitution de son bébé à Vanessa, alors personne n’ouvrira les yeux Ici-bas en Vérité ;  Le Crépuscule des crapules n’est pas près d’arriver, le règne du crime et de la loi de la Jungle auront de beaux jours devant eux.

EST-CE VRAIMENT LA VIE DONT RÊVENT NOS ENFANTS ?

                                                   Yolande MARIE AMBIANA

                                           

Note du Bureau de l’ « AEDEPS« , dont Yolande, votre maman, est l’Ambassadrice bénévole, mais d’un dévouement efficace et honnête :

Vous pouvez retrouver l’intégralité de son texte qui a de quoi faire réfléchir, ainsi que les réactions à celui-ci sur :

http://www.facebook.com/notes/yolande-ambiana/-i-have-a-dream-/3477382292484 ,

à moins de ne pas avoir avoir de Coeur, ou rien dans le pantalon…!

       Vous pouvez aussi visiter le site de l’association: www.aedeps.org 


Pour conclure, Isabelle, Charles-Olivier, Céline, votre Maman vous aime et vous lui manquez beaucoup et, la connaissant très bien, sachant la gravité de sa maladie rare, elle ne mérite pas ce qu’on lui fait subir depuis des années…

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